J’avais tout juste dix ans lorsque je soufflai pour la première fois dans une trompette.
C’était à Appoigny, dans la salle enfumée d’une petite école de musique à laquelle mes parents m’avaient inscrit, suite au refus auxerrois d’accueillir un débutant en cours d’année…
Mon professeur et premier guide s’appelait Pierre Beaulieu. C’est à lui que je dois mon goût pour la musique, mon penchant pour les pratiques collectives et surtout cette attirance pour la direction - il était responsable de l’école - qui ne m’a jamais quittée depuis.
Il eu l’intelligence de nous diriger, mes copains et moi, au terme de quatre années d’études vers une autre structure d’enseignement, apte à répondre à notre appétit musical grandissant.
A l’époque, il fallait se rendre à Troyes pour bénéficier de l’environnement d’une école nationale, et les parents se relayaient pour les transports. Je m’étais toujours juré que si l’avenir m’en donnait un jour la possibilité, je ferai en sorte que les enfants de l’Yonne puissent un jour poursuivre la majeure partie de leurs études musicales « au pays ».
Toute ma jeunesse de musicien fut marquée par les fanfares et les orchestres d’harmonie et c’est tout naturellement dans celle d’Appoigny que je fis mes premiers pas sous la direction de Pierre Beaulieu, puis d’Yves Simard dont l’humanisme et la générosité marquèrent mon adolescence. Malgré la différence d’âge, j’éprouvais une grande sympathie pour les instrumentistes qui m’entouraient et surtout, j’enviais leur technique qui m’apparaissait bien inaccessible : mes premières émotions musicales, mes premiers concerts datent de cette époque !
Avec le recul, je m’aperçois que je dois beaucoup à cet univers attachant : mes premiers véritables copains, mes premiers voyages, mes premiers concours (les orchestres d’harmonie s’affrontaient en effet lors de joutes amicales), mes premiers arrangements, bientôt suivis de mes premières expériences de direction d’orchestre, mes complices n’osant pas refuser d’interpréter les savoureux arrangements que scrupuleusement je commettais chaque semaine à leur attention.
Je suis aujourd’hui convaincu qu’une pratique artistique amateur peut donner du sens à la vie.
Ce rapport, commande du Conseil général de l’Yonne, est dédié à tous à tous ceux qui - qu’elle que soit la place qu’ils occupent aujourd’hui - permettent aux habitants de l’Yonne une pratique active des arts dits vivants : musique, danse, théâtre, arts de la rue, arts du cirque…
En plaçant constamment les icaunais au coeur de ses propositions et en apportant des réponses adaptées aux besoins exprimés par les différents publics rencontrés, ce document évoque les enjeux auxquels sont confrontés l’ensemble des acteurs de la vie politique départementale, au premier rang desquels se trouvent tout naturellement les élus.
Ainsi, avec cohérence et créativité, et fort d’un réseau d’acteurs solidaires et enthousiastes, le département de l’Yonne propose-t-il aujourd’hui un dispositif original, capable notamment d’apporter un souffle culturel au contenu des différentes politiques intercommunales.
Au service du bonheur de chacun et de la cohésion sociale de tous.
Patrick Bacot
Délégué départemental à la
musique et à la danse
Directeur de l'Addim 89 patrick.bacot@addim89.org